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Recueil critique des ecrits
d'Elio Mercuri, Ciro Ruju, et Mario Ursino
sur la
sculpture du "Saint Francois" di Alfiero Nena
... Ses sculptures se présentent
devant moi, des silhouettes tre's tendres de jeunes filles
en "Attente", ses "chevaux", cabrés
comme des futs de plantes et presence d'homme, dens cette
parenté manifeste dont je sens qu'elle prend consistance
dans le lieu precieux ou' l'etre, chaque creature, est reconduit
à ce qu'il possede de plus irréductible à
une presence vraie, eternelle et sacrée.
C'est le secret de son "Saint François"
qui parle avec les oiseaux et avec le loup; il parle avec
l'eau et les plantes, l'accomplissement de cet amour qui
est l'origine et la cause de toute vie et qui, seul, redonne
la paix. Il se tient solidement sur ses pieds, grands et
forts, enraciné par terre, comme un tronc d'arbre
seculaire; mais ses rameaux vont vers le ciel, comme cueillis
par le souffle du vent, il se tend dans ce besoin de vol
- Brancusi ne disait-il pas que toute la sculpture est la
recerche du "vol"? - qui réunit ciel et
terre, origine et destination, le corps à l'ame,
dans la simplicité et dans l'inviolabilité
de chaque creature.
Francois a eté cela en sono temps, joie de l'amour
et c'est le fait d'etre là, de devenir une presence
vraie durant notre présent, que Nena incarne dans
la force admirable de la sculpture.
Elio Mercuri
... La silhouette de François, dans une plastique
tendue et vibrante est représentée dans une
anatomie efficace precisément à l'instant
ou' il se plie vers l'arrie're dans un élan qui puisse
rencontrer l'oiseau qui doit (ou veut) se poser sur main.
Un geste cueilli dans son naturel realisme de facon telle
qu'il met en evidence à travers le froc lui meme,
les structures anatomiques humaines qui, dans un tout figuratif,
s'harmonisent bien avec l'ensemble de la composition. Une
structure non simple, qui tente d'harmoniser au moyen de
la representation dans les valeurs religieuses une image
qui est de par elle-meme complexe dans la mesure ou' elle
est la synthese d'une spiritualité vecue, qui doit
trouver, dans la statuaire, le point de conjonction d'une
tension entre l'humain et le divin.
Nena atteint, à mon avis, cette union en dirigeant
sa plastique (un modele qui n'a rien à envier à
la tradition noble de faire la sculpture) vers une répresentation
realiste dont il émerge, du fait aussi bien d'une
capacité technique - le fait d'intervenir sur la
fusion deja realisée, que de capacités estetiques
- le soin minutieux des détails, une sacralité
effective qui donne à l'effigie de Saint François
une expressivité et une mobilité visuelle
d'une grande suggestion émotionelle.
Ciro Ruju
Et la singularité de ce saint-poete
consiste précisément dans le fait qu'il a
anticipé une partie si eminente de la litterature
medievale (Dante, Petrarca, Boccaccio) dans l'exaltation
des oeuvres du createur; sauf que pour lui, le grand amour
pour la nature (le soleil et le vent sont ses freres, l'eau,
la terre, et la lune ses soeurs) était devenu le
moyen pour s'élever vers le divin. Et Alfiero Nena
en rend bien l'idée du point de vue stylistique lorsqu'il
fait pénétrer dans l'espace sous la forme
d'un arc la monumentale silhouette du Saint située
au centre de la grande exedre du devant de l'elise de Saint
Francois à Sorrente, à quelques pas de l'un
des panoramas les plus suggestifs de la Campanie, de Procide
au Vesuve. L'oeuvre semble s'élancer dans l'air avec
un mouvement très fort habilement rendu par le sculpteur
dans le traitement du drapé du froc d'ermite déchiré
qui adhere à la musculature du jeune Saint avec des
plis de forme classique et d'un gout antique qui rappelle
Arnolfo.
Et dans ce Saint François, nous retrouvons egalement
l'extraordinaire vitalité (typique de toutes les
sculptures de Nena) qui s'associe à la réprise
des idées formelles de la meilleure tradition italienne
c'est-à-dire qui vient du renouvellementlinguistique
introduit précisément par Arnolfo di Cambio
(1245-1302) à travers la notation de détails
réalistes et de gestes caractérisant la fin
de l'antiquité; c'est sur cette illustre tradition
que Alfiero Nena introduit ensuite la profonde conneissance
qu'il a de ses materiaux préferés, comme le
fer et le bronze, qu'il rend ductiles pour mieux exalter
sa propre conception innovatrice de la représentation
du sujet sacré, auquel il entend conférer
une expressivité et une tension créative maximales.
Mario Ursino
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